Cheminements


La carte du jour : la guérison

Zen Tarot Card

Guérison

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous portez vos blessures. Du fait de votre ego, votre être tout entier est une blessure et vous la portez partout où vous allez. Personne ne cherche à vous blesser, personne n’est dans l’attente de vous faire du mal ; chacun est occupé à protéger ses propres blessures. Qui aurait assez d’énergie ? Mais cela arrive tout de même parce que vous êtes tellement prêt à être blessé, tellement prêt, dans l’attente des coups.
Vous ne pouvez pas toucher l’homme de Tao. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a personne pour être touché. Il n’y a aucune blessure. Il est sain guéri, entier. Le terme anglais « whole » – entier est très beau et le mot « heal » – guérir ainsi que le mot « holy » – saint ont la même racine, « whole ». L’homme de Tao est entier, sain et saint.
Soyez conscients de votre blessure. Ne l’aider pas à croître, laissez-la se guérir et elle ne sera guérie que lorsque vous irez à sa racine. Moins votre mental interviendra, plus vite votre blessure guérira ; sans mental, pas de blessure. Vivez une vie sans tête. Allez et acceptez les choses comme elles sont.
Pendant vingt-quatre heures seulement, essayez – une acceptation totale, quoi qu’il arrive. Quelqu’un vous insulte, acceptez le, ne réagissez pas et voyez ce qui se passe. Soudain vous éprouverez un flot de vitalité que vous n’aviez jamais ressentie auparavant.

Osho The Empty Boat Chapter 10

Commentaire :

Voici venu le temps où les blessures du passé, profondément cachées, remontent à la surface prêtes et disponibles à la guérison.
La figure de cette carte est nue, vulnérable, ouverte au contact affectueux de l’existence. L’aura autour de son corps est pleine de lumière et la qualité de détente, de sollicitude et d’amour qui l’entoure dissolvent son agressivité et sa souffrance. Des lotus de lumière apparaissent sur son corps physique et autour du corps éthérique, dont les guérisseurs disent qu’il nous enveloppe tous. Dans chacune de ces couches subtiles apparaît un cristal ou schéma guérisseur.
Lorsque nous sommes sous l’influence guérissante du Roi de l’Eau, nous ne nous cachons plus de nous-mêmes ni des autres. Dans cette attitude d’ouverture et d’acceptation, nous pouvons être guéris et également aider d’autres à être en bonne santé et à trouver la plénitude.


Tirer et pousser : avancer dans l’effort

Quand deux géants s’affrontent, en soi, et entreprennent chacun de tirer une extrémité de la corde intérieure, avec toutes leurs forces, toutes leurs ressources…
Que reste-t-il de moi?

Quand j’avance coupée en deux, que mon regard se pose sur le soleil qui brille, le perçoit, en ressent la chaleur, l’intensité lumineuse, mais qu’une part de moi verrouille l’accès au bonheur de l’instant…
Que reste-t-il de moi?

Quand je mise sur le temps pour dénouer ce qui n’est probablement qu’une passade, pour diluer, pour atténuer, pour cicatriser, pour apaiser ce qui finira par n’être que chimère et que rien ne lâche, parce que rien de ce que je ressens ne m’appartient vraiment, mais est, encore une fois, un héritage du passé, des générations « d’avant »…
Que reste-t-il de moi?

Je me demande, vraiment. Quand tous mes fleuves convergent vers la même source, encore et encore, comment ne pas se sentir dépossédée d’un bout de ma vie?

jalousie

Il y a quelques jours de cela je me suis trouvée terrassée par un sentiment franchement hideux, franchement moche… un sentiment qui ne me ressemblait pas…dans lequel je ne me retrouvais pas…mais qui me vrillait l’estomac…

J’ai comme d’habitude regardé droit dans le miroir la jeune femme que je suis et je me suis courageusement dit : « ok, encore une part d’ombre qui se pointe…j’accepte…et je demande de l’aide pour remonter à la source dans ma vie, et nettoyer ce qui vient de réactiver ce fichu sentiment…de jalousie. »

Et dans les minutes qui suivaient, David, un autre apprenti kinésio m’appelait : il me devait une séance et proposait de passer mercredi. Aujourd’hui, donc. Et après la séance mémorable qu’il m’a fait, je me dit… que c’est décidément à n’y rien comprendre…

Ma fille, prends le miroir et regardes-toi : comment évalues-tu celles que tu vois dans la glace? Comment la jauges-tu? Comment la regardes-tu? Quel est ton regard sur ce minois trentenaire?

Dur. Sans concession. Jugeant aussi. Une phrase jaillit : « Je suis sous surveillance constante : une part de moi guette, au coin du bois, toutes les défaillances de l’autre part de moi… Je ne me passe rien, je me sais faillible et je me surveille parce que je porte en moi le potentiel de faire du mal… »

Et je pleure en écrivant ces lignes… Évidemment. Comment faire autrement?

Dans mon for intérieur, c’est la guerre permanente. David me fera dire la phrase « tout ce que je fais est effort »…et le corps lâche…normal…complètement normal. Le corps est fatigué de se battre pour tout et n’importe quoi en permanence, mais surtout, il est fatigué de devoir démultiplier ses efforts parce qu’une part de moi tire systématiquement dans le sens contraire…

Je pourrais être dans l’immobilisme, engluée, et stagnante au possible. Mais il n’en est rien : mon cabinet de kinésio est désormais prêt, retapissé de neuf, équipé, les accès extérieurs dégagés, nettoyés, fleuris… Mon site internet est en ligne, mes plaquettes descriptives prêtes, mes cartes de visite aussi… Et je compte aujourd’hui déjà trois clients, avant même d’ouvrir officiellement mon activité…

J’avance donc, parce que j’ai une énergie de feu, et une volonté de fer. Mais honnêtement…savoir que le même chemin pourrait se faire en douceur, et sans mobiliser l’arrière-garde et les renforts pour le moindre geste, quelque part, ça me frustre. Je suis en train de gaspiller mon potentiel, de le dilapider, en conneries, parce qu’une part de moi ne pédale pas dans le bon sens ! Et quelle part, me direz-vous? Et bien parlons-en ! Une part héritée, d’une aïeule. Encore, et toujours la même source à chacun des fleuves que je remonte…

Comprendre le pourquoi du comment ne sera pas utile : je n’ai pas les infos, mais mon corps, lui, suite à la séance que m’a fait David, les a. Et cela seul suffit. Le corps mettra quatre semaines à intégrer les changements opérés…c’est dire s’ils étaient loin d’être anodins et mineurs ! Et en fin de séance, le mot « jalousie » testait fort…tout comme le mot « confiance » qui lui aussi semble avoir été malmené dans la valse terrible du début de semaine.

Jalouse, je ne le suis pas naturellement. Ceux qui me connaissent le savent bien : je suis une partageuse, je transmets volontiers ce que je sais, je laisse les gens libres d’aller et venir, je fais se rencontrer mes relations amicales…D’ailleurs, mon corps m’a sorti la phrase « dans la fermeture je me sens désaxée »…Quel magnifique cadeau, cette phrase ! Parce qu’il dit aussi que je suis physiquement « dans mon axe » quand je suis dans « l’ouverture »… Alors cette jalousie, qui sort du néant de la nuit des temps, ce sentiment délétère qui témoigne d’une peur de perdre viscérale, je le restitue à celle qui me l’a légué, avec tout le reste de ce qui lui a déjà été remis. Je ne suis pas elle…et ne prétends pas l’être ou le devenir.

Je sais que, où elle est, là-haut, elle entend, et elle comprend. Je sais aussi qu’elle entend mes sentiments pour elle, qui ne s’altèrent pas, malgré les découvertes, les exhumations glauques, et les inversions générationnelles. Nous sommes unies par un fil d’amour, elle et moi, et cela perdurera dans le temps, même si aujourd’hui j’ai besoin de reprendre ma route, de n’être personne d’autre que moi. Juste, et seulement moi.

Pour que demain, chaque pas ne pèse que le poids d’un seul pas. Le courant doux de l’onde claire qui clapote contre la pente et descend vers le fleuve…ni plus, ni moins. Et même si les grands fleuves ont des poussées ascendantes contraires, aussi, par la force naturelle des flots, ils continuent toujours de dévaler jusqu’à la mer. Comme le Yin est aussi dans le Yang…et le Yang dans le Yin. Un peu. Juste un peu…pour que l’unité soit possible…sans freiner la barque ou la fendre en deux. Oui…l’unité.

Lilouhane


Dans la joie du silence…

Quelle incongruité ! Écrire sur le thème du silence…
Absurde idée que voilà.
Pourtant, dans mes « taire » du moment résonne son écho, au silence.
Une musique lancinante et profonde. Tellement présente.
Je ne parle pas du silence douleur, de ces lames qui deviennent six lances…
Je parle bien de cet état cotonneux et vierge où le si lent présent se fait silence cadeau.

Dans la joie du silence... dans Humeurs 32938513

Partager mes silences, est une joie sans nom.
Quelle importance, d’ailleurs, qu’elle ait un nom…
Je me tiens debout dans ces taire. Je me tiens entière dans ces bouts de rien.
Et je m’emplis, femme-patience, du silence indélébile.

Car le silence nourrit l’âme. Il nous rit des lames, aussi…sans nourrir nos larmes, aucunement.
Le silence est ferment doux, abbaye bourdonnante, abeille résonnante… Il est une note de piano, qui tombe et emplit l’espace tout entier, bien après que le piano se soit tu.

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Je l’empoigne à demain, ce feu-follet d’entre-mots. Et j’ouvre, papillon, mes ailes fragiles, délivrant là la lumière du silence…Dans mes méandres intérieurs reste une trace limande, furtive et vagabonde, qui hante les secondes… La peur va et vient encore, petite sœur de mes chats grains. Mais elle ne terrasse plus, les mains tenant désormais l’ici présent. Au-delà des peurs, émerge le silence. Un délié pur et fort, comme la quintessence d’un bon café. Un con dansé intérieur, ondulant et jouant, frappé et intense, comme le café pur Arabica…

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Et je plonge, folle-à-louer, dans l’ivresse de ce silence-là, soupir suspendu entre les rives courbes d’une partition qui vieillit…Mon silence est romanesque. Trublion dédoublé, il enchante mes conversations, avec ceux qui savent, initiés rares, déguster sur le fil des morceaux de silence partagé. M’aime pas peur…mon silence éther n’ailes ment.

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Facile me direz-vous de tirer tout ces mots par les cheveux… Soit. Mais les lois du silence changent les règles du jeu. En parler c’est déjà briser le sceau. Et l’écrire, déjà, un peu, briser le sot. Au grand oral de mon choix de mots, le dictionnaire tout entier s’est fait beau. Croyez-moi… ses pages sont lissées, gominées, comme les tifs d’un prétendant à la Nouvelle Star…Et ses définitions vibrent d’accords hésitants et enthousiastes. Et je ne parle pas des noms propres, réduits au silence de la tombe, qui voudraient soudain retrouver une jeunesse… Trahir l’outre-tombe pour rallumer l’allégresse… Impossible et corps né lien. D’autant que quitter l’oubli pour atterrir dans les lignes d’un écrit sur le silence me ferait risquer la redondance, en plus de précipiter la désillusion des prétendants… Point de salle d’audience donc, pour ces noms si propres.

Restait les délais terre. Ces mots improbables, qui se bousculent au portillon du silence. Pensez donc ! Un silence heureux qui plus est… De quoi vivre son heure de gloire ! Tous ces amen âgés, je les aurais volontiers casés. Mais la file d’attente s’étirait loin, si loin…Silence.

Comment traduire l’absence belle par des mots à la pelle? Dis l’aime…

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Alors j’ai confié cette ardue tâche, à mes mains baladeuses. Courant et batifolant là, à même le clavier, j’ai laissé les mains lémuriennes tracer leurs arabesques maures contre le fil de l’écran. Et ces demains Cheyenne ont mur muré. Col matant depuis les hauteurs, les fissures dans le bruit du dedans. Et le souffle, happé comme un baiser, s’est chargé de silence. Et de paix.

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Lilouhane


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